Pouvoir pleurer, enfin

Ecrit par radisrouge sur . Publié dans Le monde est radis

Je n’ai pas pleuré. Pas encore. J’ai mal depuis 24 heures pourtant. Mal au cœur pour ces camarades, leurs familles, leurs amis. Mal à cause de cette boule au ventre qui me dit qu’il faudra être forts, encore, pour que le pire ne soit pas à venir. Mal pour mes amis-es, mes camarades qui font un journal qui porte un si joli nom mais qui ont perdu leurs frères, leurs amis. Mal pour ceux de ces journalistes de l’Humanité qui ont déjà connu l’horreur dans l’Algérie soumise à la loi de la terreur et qui la voient surgir, encore.

J’ai très mal mais je n’ai pas pleuré. Pas encore. Ma colère est grande contre ces fous meurtriers, elle est immense contre ceux qui leur ont ouvert des boulevards. Ceux qui ont encouragé, que dis-je – organisé le chaos en Irak, en Afghanistan, en Syrie,… D’abord. Et puis contre ceux qui ont montré du doigt une religion, une partie de la population, rejetant une partie d’entre elle, infime mais agissante, entre les bras de gourous assassins. Contre ceux, aussi, qui ont parfois refusé de voir et de dénoncer. Dire les dangers de cet islamisme, c’était ce que faisaient les gars de Charlie. C’était tout l’inverse du racisme et de « l’islamophobie ». Le premier billet du radis était d’ailleurs été consacré à ce concept diviseur, un de plus.

Huma Charlie 2 Je voudrais bien avoir la rage, je voudrais bien ne pas avoir peur, je voudrais bien avoir les idées claires. Mais comment faire ? Désolé pour ceux que l’unanimisme embête, tant pis pour ceux que l’unité révulse ; moi je suis le fruit d’une longue tradition, celle de communistes qui ne se mettent pas au-dessus du peuple mais avec. Et surtout, je suis plus démunis qu’hier encore. Alors ce soir, j’ai mis une bougie sur mon balcon ; certains de mes voisins ont fait pareil. Pas tous. Parfois, je passe sur le parvis des Droits de l’Homme pour lire les messages ; j’en laisserai un demain. Et dimanche, j’irai manifester, avec tout le monde. Sûrement dans la foule, il y aura la nounou de ma fille qui, bouleversée, nous a confié doucement : « on a ouvert les frontières, vous comprenez. Et quand on voit ca, je ne suis pas sûr que… vous voyez ? ».

Si je vois… J’ai mal d’entendre mon pays se poser de telles questions. Putain, que j’ai mal. Mais dimanche, c’est avec elle, ses semblables et mes proches que je voudrais être. Parce que je veux qu’on puisse se regarder tous autant que nous sommes, se sourire, se parler et… pleurer. Je veux pleurer sur la place des Quinconces, avec mes amis et avec tous ceux que je ne connais pas. Vous verrez que nous pleurerons et ils verront, peut-être, que nous sommes de toutes les couleurs. Vous verrez qu’en pleurant les yeux dans les yeux, nous nous rapprocherons, peut-être un peu.

Oh bien sûr, je les entends, les septiques qui rappellent le Blacks-Blancs-Beurs de 1998, les manifs anti-FN de 2002, et leurs suites « atones ». Charb, Tignous, Wolinski, Cabu et les autres auraient peut-être même été de ceux-là. Mais moi, je ne veux plus vivre dans ce monde. Il m’étouffe, il m’oppresse, il me fait un mal de chien partout à l’intérieur. Il m’assèche. Vite, je veux de l’humain, en masse, pour faire monter mes larmes.

Erdogan pilonne la paix, encore

Ecrit par radisrouge sur . Publié dans La politique, c'est la vie. Ou presque, Le monde est radis

Deux titres possibles au billet de ce jour: « le Monde est merdique » ou bien « Qu’il est long le chemin de la Paix ».

Profitant de l’inaction des diplomaties internationales, le président turc a décidé de poursuivre son chemin sectaire et répressif. A Konabé, les combattants kurdes sont en première ligne; c’est pourtant le monde entier qui est menacé par les islamistes armés. C’est donc au monde de répondre, avec ses armes, militaires et diplomatiques.

Lettre d’un ignorant pacifiste sur le Kurdistan

Ecrit par radisrouge sur . Publié dans Le monde est radis

J’ai dû rater un épisode. Dans ma vie militante, dans ma culture historique et géographique, il doit y avoir un trou béant qui explique que je ne comprenne rien. Je me réveille et là, mes amis facebookiens lancent des « Gloire aux combattants », ici une vidéo circule montrant des combattantes à fière allure, partout on réclame des armes pour ces « héroïques résistants ». Pendant quelques heures, j’ai regardé passer, en mettant sur le compte de mon ignorance mon incompréhension. Et puis, curieux quand même, j’ai été chercher des explications. C’est là que je suis tombé sur un communiqué proprement hallucinant de mon parti.