Espelette suite: Mme la Maire est fan de Magritte !

Ecrit par radisrouge sur . Publié dans Balades

Intervention militaire en Syrie, réforme des retraites annoncée, retour complètement raté d’Antoine De Caunes sur Canal +,… Il y aurait bien des sujets graves à traiter ce soir. Et pourtant, c’est encore de la croix gammé d’Espelette que je vais parler. Ben oui puisque Mme la Maire m’a répondu… Si si !

Attention chers amis, le radis a les honneurs de Mme la Maire de la ville aux piments… Oui oui, alertée par mes soins suite à mon étrange découverte dans son village, Mme la Maire d’Espelette m’a répondu.

Alors d’abord sa réponse, ensuite mes commentaires.

Monsieur,
J’ai lu avec intérêt votre message et vous remercie tout d’abord pour votre fidélité à notre village et pour les aimables commentaires que vous en faîtes jusque dans votre blog.
Autant vous dire que la partie de votre message relative à ce que vous et vos amis avez pris pour une croix gammée m’a beaucoup plus étonnée pour ne pas dire contrariée. En effet, le symbole que vous avez vu sur la tombe n’est ni plus ni moins qu’un « svastika » c’est-à-dire l’un des symboles les plus anciens au monde dont la croix basque est effectivement un dérivé qui a pu connaître des graphismes divers. Ce symbole existe et était utilisé dans plusieurs civilisations, dont la basque, depuis bien avant la regrettable célébrité que lui a donné son usage par le parti nazi. Je vous indique un lien vers le site de l‘association LAUBURU qui travaille sur le patrimoine et la culture basques depuis de longues années et à ce titre acquis une réputation d’objectivité que seule donnent la recherche et la science, vous verrez qu’il n’y a rien d’étonnant à ce que ce symbole soit utilisé sur un monument funéraire et que la tombe incriminée n’est pas un cas unique.
C’est votre message qui m’a appris que ce symbole universel était gravé sur une de nos tombes, et jusqu’à présent je vous avoue que personne ne l’avait remarqué ou du moins ne s’en était ému. Pour ma part, je considère qu’il vaut mieux ne pas signaler ce monument car cela reviendrait d’une part à le différencier des autres et donc à attirer l’attention alors même que le symbole qu’il contient ne peut pas faire référence à autre chose qu’à notre culture et à la symbolique très forte attachée à cette représentation bien au-delà de la récupération politique détournée qui a pu en être faite.
Si les origines communes et la ressemblance entre la croix basque et la croix gammée sont réelles, la symbolique de chacune est diamétralement opposée. Pour ma part, je fais confiance à mes concitoyens actuels et mêmes passés pour être sûre que le dessin gravé sur cette tombe n’est que le reflet de notre culture et de notre espérance dans un renouveau perpétuel de l’homme et du monde.
N’ayant pas d’explication autre à vous fournir , je souhaite que vous reviendrez à ESPELETTE revoir notre cimetière , et le reste du village, avec un regard « éclairé » par les textes de l’association LAUBURU . Veuillez agréer, Monsieur, mes sincères salutations.

Gracie FLORENCE – Maire d’ESPELETTE.

PS : Pour info, LAUBURU désigne la croix basque en langue basque.

Mes commentaires seront simples. D’abord, cette édile est très aimable et cultivée. Il n’est pas exclu que je frappe à sa porte à ma prochaine visite pour me faire offrir un apéritif…

Ensuite, il n’est pas impossible qu’elle soit fan de Magritte… « Ce que vous avez pris pour une croix gammée n’est ni plus ni moins qu’un « svastika » ». Mais madame, sur le lien (fort intéressant en effet) que vous nous proposez de visiter, le svastika est ainsi défini : « Que sait-on exactement de la croix à virgule ? Ce signe très ancien, est une variante du svastika (croix gammée) et de la spirale. » Symbole très ancien en effet, antérieur à la période nazie évidemment et très utilisée en Asie. C’est une des pistes que j’évoquais dans mon premier billet. Dire que ceci n’est pas la croix gammée est donc un peu court…

De plus, partout en Europe ce symbole a été banni depuis la période qui a suivi l’occupation nazie. Plusieurs de mes amis d’origine basque m’ont d’ailleurs raconté qu’il leur était arrivé de se faire alpaguer par des inconnus qui confondaient la croix basque arrondie avec la croix gammée. D’autres m’ont dit la gêne qu’ils ressentaient lorsqu’il leur était arrivé de pénétrer dans une maison dont les volets étaient encore ornés de croix raides comme celles que j’ai photographiées au cimetière d’Espelette. Et puis il reste une inconnue : la date à laquelle cette pierre tombale a été installée.

Enfin, Madame la Maire (si j’ai l’honneur d’avoir gardé une lectrice jusqu’içi…) ne vous méprenez pas : je ne confonds pas croix gammée et croix basque. Ce serait insultant et idiot. Je pose des questions, simplement. Vous jugez qu’il n’est pas opportun de mettre cette croix plus en lumière ; c’est une façon de voir les choses. Je crois pour ma part que le silence n’est jamais une bonne solution. C’est un débat qui a longtemps préoccupé l’Europe.

Mais encore une fois, il serait plus sage d’en discuter autour d’un verre… Mais pas dans le cimetière, c’est promis ! Ça, c’était juste pour convaincre certains de ne plus me confier leurs enfants !

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