Articles marqués avec ‘Bègles’

Hommage aux étrangers, et à ma grand-mère

Ecrit par radisrouge sur . Publié dans La politique, c'est la vie. Ou presque

Comme chaque année ou presque, j’étais au camp de Souge cette après-midi d’automne. Pour raviver la mémoire des 256 citoyens fusillés entre 1940 et 1944. Mais cette année, je dois bien avouer que j’étais un peu plus stressé que d’habitude. C’est mon père, au titre de l’association des familles de fusillés et déportés, qui devait prononcer le discours. L’association voulait évoquer le sort des étrangers, nombreux parmi les 256. L’angoisse dépassée, il a été parfait et a terminé par l’évocation de la fuite de ma grand-mère, à travers la forêt landaise. Je ne peux rien dire d’autre que lisez, et retenez:

Le radis a eu tort, il s’est endormi

Ecrit par radisrouge sur . Publié dans La politique, c'est la vie. Ou presque

On était en débat hier, à Bègles. Pour « se défouler », comme on dit en espagnol ; comparer nos analyses face à l’histoire en accéléré qui se joue à Athènes. On a bien parlé, ca faisait du bien. On était nombreux, on en avait besoin. A la fin, trop peu, on s’est donné des perspectives, on a parlé devoir de solidarité et nécessité d’élever le rapport de forces en Europe et le niveau de nos revendications. Stimulant.
Et puis est venu le temps du barbecue. Merguez, ventrèches et boissons fraiches. « Alors, le radis, comment ça va ? », m’a demandé la parisienne de la soirée. Et moi de lui rétorquer le plus naturellement du monde : « Le radis ? Ben, il est endormi. » Vérité dite qui aussitôt faisait jaillir le paradoxe. Ben alors, Radis ? Et les perspectives, et les revendications, et la solidarité ? Non pas que, dans la vie, le radis soit toujours endormi. Le soir venu, quand il lâche son clavier c’est des fois pour coller des affiches, boire des bières, débattre avec des voisins, baigner ses enfants, tenter d’animer la vie de quartier, câliner sa douce, distribuer des petits papiers. Un peu. Mais avoir laissé le Radis endormi, est-ce bien sérieux dans ces moments si douloureux ?

Simone est morte mais pas son espoir

Ecrit par radisrouge sur . Publié dans Balades, La politique, c'est la vie. Ou presque

Nous étions gamins et, après le repas du mercredi midi, pour se dégourdir, se cacher ou préparer la prochaine bêtise, nous avions repéré ce chemin qui faisait le tour de la maison. Nos grands-parents ne voulaient pas qu’on l’emprunte. Trop de fatras, de choses dangereuses et puis ils ne nous voyaient pas, là, derrière. C’est dire si nous aimions y passer, nous y courser, nous y planquer… Derrière, vraiment derrière, le grillage portait encore la trace d’un portail qui avait mené au jardin de Georges et Simone. Ce portail par lequel sa maman était passée pour cacher les preuves de leur participation de son fils à la Résistance.