Articles marqués avec ‘greve’

J’aime pas les pharmaciens (entre autres)

Ecrit par radisrouge sur . Publié dans La politique, c'est la vie. Ou presque

Camarades pharmaciens (sic),

J’espère que la déambulation urbaine d’avant-hier n’a pas laissé trop de traces sur vos délicats mollets. Le mardi, c’est un peu dur comme jour de déambulation. A peine le temps de rentrer du week-end à La Baule, Deauville ou Arcachon, un passage rapide à l’officine pour récupérer des semelles physiodynamiques s’il en reste en rayon, et vous voilà sur le bitume !

Pas plus de désamour que de désespoir

Ecrit par radisrouge sur . Publié dans L'ovalie, c'est l'école du radis, La politique, c'est la vie. Ou presque

C’était le désamour, disaient-ils. Un pays qui préférait parler social plutôt que football. Pas la France, à coup sûr. Non, en France, quand les travailleurs descendent dans la rue, on leur dit que « ça suffit », et qu’on aimerait bien faire la première page entière sur le football.

L’éditorialiste est déprimé. Le radis revigoré.

Ecrit par radisrouge sur . Publié dans La politique, c'est la vie. Ou presque

« Revoilà les conflits ». En page 2  du quotidien régional, l’éditorialiste se lamente… Cheminots, chauffeurs de taxis, intermittents,… Revoilà le « sacro-saint-statut » et ses « bénéficiaires » qui « bloquent la France », l’«empêche de se réformer ». Les mouvements sociaux, à Sud-Ouest, c’est comme ça depuis longtemps, ca les fait déprimer… En plein mois de juin en plus, on a autre chose à faire ! Réserver sa place pour une corrida cet été, organiser un concert de bienfaisance à l’église Saint-Serin, préparer le pique-nique du week-end prochain au Cap Ferret,…

Bref, que le pays se bouge, c’est pas franchement une bonne nouvelle. Heureusement, il y a la CFDT. Moderne, efficace, dynamique,… réformatrice qu’on vous dit ! Avec elle, on peut discuter, négocier, déréglementer. Voilà un syndicat qui ne s’embarrasse pas du « sacro-saint-statut » et sait faire place à la sacro-sainte concurrence !

C’est d’ailleurs sûrement parce que ce syndicat n’y est pas implanté que le journal a parlé trois fois seulement de la grève des agents de service hospitalier de Bagatelle. Trois articles équilibrés, donnant la parole autant au patron qu’aux grévistes – moderne, quoi !  Trois articles pour… 28 jours de grève. Pas mal. Avec trois mots bien réfléchis, le vieux Le Pen aura sûrement gagné 28 articles en moins de temps. Décidemment pas doués en com’ ces syndicalistes…

Y’a qu’à voir, en page 7 de la même édition ce matin, les journalistes ont été obligés de faire appel à Gilles Savary, rapporteur (PS) de la loi portant la réforme ferroviaire, pour répondre à la question : « Pourquoi ils font grève ». On se doute que si c’est à lui que la question a été posée, c’est qu’aucun syndicaliste n’a répondu correctement. Ou qu’ils n’avaient pas leur numéro de téléphone… Ou qu’aucun d’entre les cégétistes de service n’a su comprendre le sens profond de cette question pourtant bien sentie : « Que traduit cette difficulté des syndicats français à se projeter nettement dans l’Europe ? » Y’a écrit Europe mais faut lire concurrence libre et non faussée. C’est sûrement pour ca que les syndicalistes n’ont pas su répondre.  Z’ont pas les bons décodeurs…

Moi, je décode et ca me fait du bien, les conflits sociaux. Parce que je préfère quand les citoyens font valoir leurs droits et font entendre leurs voix. Je préfère quand ils ont de l’ambition sociale. Je préfère ca à la régression individualiste imposée, matraquée, qui fait qu’on a tant de mal à voir comment juguler la vague F-Haine. Je préfère quand les cheminots pensent que l’Europe pourrait être autrement, quand les petites mains des hôpitaux pensent valoir mieux et que les artisans du spectacle aspirent à créer encore de la richesse.

Allez, ami éditorialiste, réserve toi une place au soleil des arènes. Et laisse-nous goûter le parfum d’un peuple qui fait savoir qu’il n’est pas encore tout à fait décidé à se taire.