Ce que cache le « Burkini »

debuts2Mon éditorial des Nouvelles de cette semaine.

Le débat sur le « burkini » mené tambour battant dans les médias dominants révèle la période sombre que nous traversons. Il clive et contribue, tel qu’il est mené, à déchirer un peu plus notre société. Les questions essentielles des droits des femmes, de la laïcité, de la lutte contre le terrorisme sont ici détournées à des fins populistes.

La droite stigmatise une partie de notre peuple et désigne un ennemi de l’intérieur, elle avance les mesures les plus sécuritaires, elle divise notre peuple. Le gouvernement, par la voix de son premier ministre s’embourbe dans cette polémique plutôt que d’aborder les sujets qui préoccupent les français. La droite et le PS éludent par ce débat caricatural les questions essentielles. Le Front National n’a plus qu’à attendre patiemment. Les partisans d’un islam rétrograde et réactionnaire se frottent les mains.

Toute parole d’apaisement, toute idée progressiste est rendue inaudible par les cris de la meute. Des millions de français se désolent de ce triste débat et la peur s’insinue un peu plus, partout. Nous vivons une période sombre qui se prolongera tant qu’il n’y aura pas de montée en puissance du mouvement social, l’irruption dans le débat des aspirations populaires à vivre mieux.

À gauche, comme si de rien n’était, on assiste à la multiplication des candidatures à l’élection présidentielle, nous en sommes à potentiellement 6 en plus de celle de François Hollande. Toutes les autres ont un point commun, elles condamnent et tirent à boulets rouges sur le bilan du quinquennat. Cela fait-il projet et mouvement ? Rien n’est moins sûr.

On ne peut en rester à un débat de personnes, de chapelles, c’est la mise en œuvre d’un macabre scénario pour 2017 alors qu’il est nécessaire et urgent de rassembler le monde du travail, la jeunesse, toutes celles et ceux qui veulent une alternative de gauche à cette politique autour de contenus en rupture avec ce qui est mené depuis plus de 30 ans. Toutes ces candidatures disent vouloir rassembler mais cela ne peut se faire autour d’un homme ou d’une femme providentielle. Il faut, à l’opposé de ce qui se dessine, mener d’abord un débat sur les contenus d’une politique qui réponde aux enjeux fondamentaux du monde, aux problèmes que rencontrent quotidiennement les français : emploi, pouvoir d’achat, accès aux soins, se loger, se nourrir, se former, se déplacer. Vivre en sécurité dans un monde en paix, disposer de son temps, conquérir de nouveaux droits, faire reculer les discriminations, le racisme. Toutes ces questions soulèvent les contradictions fortes qui traversent les forces de progrès, mais il est nécessaire d’y répondre, et d’y répondre collectivement pour tenter de les dépasser.

En somme, il s’agit de se dire dans quelle France voulons-nous vivre ? C’est ce qu’ont fait des milliers de personnes cet été avec le questionnaire « Que demande le peuple ? ».

La fête de l’Humanité, populaire et politique, a la vocation de rassembler l’ensemble des forces de progrès et le peuple dans un débat riche, nourri de l’apport de chacun. Dans ce contexte inédit, elle sera un moment décisif pour la construction d’une véritable alternative, d’un espoir de changement réel. Sa réussite, à laquelle travaillent les communistes depuis des semaines serait plus qu’une éclaircie dans un ciel de plomb.

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