Fin de règne

11693958_815283135207141_5390847239679985495_nIl n’aura pas fallu attendre une journée pour que le gouvernement tente d’éteindre le débat parlementaire en pratiquant le blocage des votes sur les amendements à l’assemblée. Alors que 77% des français sont opposés à la loi travail, qu’une nouvelle journée d’action se prépare, la tentation du 49-3, déjà utilisé pour la loi Macron est grande pour ce gouvernement qui n’en finit plus de s’enfoncer.

Il apparaît en effet un chose inéluctable, si François Hollande se présente à nouveau à l’élection présidentielle, il perdra. Les quelques concessions faites ces derniers jours, pour les enseignants notamment n’y changeront rien, le bilan économique et social du gouvernement Hollande est dramatique, il y a dans notre pays 5 millions de chômeurs, 12 millions de pauvres.

De renoncements en renoncements, ce gouvernement ouvre grand la voie du pouvoir à la droite et à l’extrême droite, la droite extrême et toutes les forces réactionnaires du pays.

La dérive sécuritaire, libérale et austéritaire du pouvoir doit cesser. Il y a donc urgence à reconstruire un mouvement à vocation majoritaire pour le progrès social et démocratique, pour relever les défis écologiques de notre temps, reconstruire une gauche sociale, féministe et pacifique.

C’est la question qui est posée à toutes les forces de transformation sociale, toutes les forces de progrès, au mouvement syndical, aux hommes et aux femmes qui luttent, se battent chaque jour. Comment reconstruire une gauche pour demain ?

Le chemin pour y parvenir, dans un paysage en ruine, est escarpé et caillouteux. Il passe par des étapes impératives :

Rassembler sur un projet de rupture avec les politiques menées, et donc mener un débat profond dans le pays sur ce qui doit changer, et ce que nous pouvons faire demain.

Permettre à ces millions d’hommes et de femmes qui aujourd’hui veulent que ça change, de s’en mêler, de faire de la politique, partout, tout le temps, sur tous les sujets.

Sortir des codes et clichés de la vieille politique dont la personnalisation et le présidentialisme, dire Nous, au lieu de Je.

Bâtir un projet social et économique pour l’emploi, le développement humain, écologique, qui renouvelle la démocratie, rapproche les citoyens des lieux de décision, un programme féministe, pacifique, universaliste.

Engager une démarche de rassemblement de toutes les forces politiques et sociales disponibles pour un véritable changement.

Le chemin pour y parvenir est escarpé et caillouteux, autant le dire, il est en dehors des sentiers battus.

     

Le mouvement

10402757_10205449113406562_7069529321702349148_nIl y a plusieurs façons de voir le monde. On peut décider que tout s’aggrave. Les dérèglements du monde avec cet incendie géant au Canada, l’attitude d’un gouvernement aux abois avec la menace du recours au 49-3 pour imposer la loi Travail à l’assemblée, le délitement de la vie publique avec ce stratosphérique discours d’Orléans prononcé par Emmanuel Macron, avec derrière lui une floppée d’élus et instrumentalisant l’histoire de notre pays à des fins politiciennes. Tout cela est vrai. On peut se convaincre que tout va bien. C’est le discours du Président : « ça va mieux » repris par l’ensemble de ses ministres, à la période même ou le printemps arrive, évidemment pas de lien de cause à effet. On a envie d’y croire, on le voudrait tant. 50 000 chômeurs en moins, la croissance qui revient, la vente de sous-marins à l’Australie, tout cela est bon pour l’économie, et donc pour nous tous, et donc pour le moral et la santé. Vite dit. Et puis il y a une façon de voir le monde qui consiste à essayer de cerner les avancées, les blocages d’une société, d’un monde qui avance, quoi qu’il arrive : un monde en mouvement. Voici 2 mois que la mobilisation contre la loi Travail se poursuit. Avec bien sûr, des manifestations et des journées d’action, mais aussi une profonde remise en question dans tout le pays, dans des couches larges d’un dogme libéral, celui de la baisse du cout du travail pour créer de l’emploi. Ce mouvement se heurte à une guérilla idéologique inouïe. Aux Nuit Debout, on oppose les travailleurs de nuit. On accuse des grévistes comme les cheminots de bloquer le pays, un député socialiste : M Hammadi prétend que la France est sous la pression d’une minorité pour justifier l’usage du 49-3 alors qu’un sondage annonce que plus de 70% des français sont opposés à cette loi. Le débat sur les violences commises en marge des manifestations démontre que le ministère de l’Intérieur joue la carte du pourrissement en favorisant l’action d’une minorité violente lors des manifestations et rassemblements. Nous sommes bien dans un monde en mouvement ou le conservatisme, les tenants de l’ordre établi déploient des moyens colossaux pour étouffer ce qui semble grandir dans notre société et particulièrement dans la jeunesse et le monde de la création et du travail : une profonde remise en question du libéralisme qui ne répond ni à la crise sociale, ni à la crise écologique, ni à la crise économique que nous vivons. Il y a deux façons de voir le monde : considérer comme une excellente nouvelle la victoire d’un homme de gauche, issu du peuple, fils d’ouvrier, à la mairie de Londres. Ou ne voir, comme certains médias et M Finkelkraut et Ménard, qu’un musulman qui prend la place d’un non musulman, et s’en émouvoir.Quand je vous dis que les tenants de l’ordre établi emploient des moyens colossaux, je veux parler aussi des plus abjectes, celui de la peur, de la définition d’un ennemi de l’intérieur, parmi nous, du racisme. Ces deux grands défenseurs de la laïcité n’ont toujours pas apporté le moindre soutien à M Oubrou, recteur de la grande mosquée de Bordeaux, menacé par Daesh pour être une voix laïque et progressiste. Ils continuent de diviser le peuple français et de ne pas le voir tel qu’il est, dans toute sa diversité et ses contradictions. Il n’y a pas 50 façons en fait de voir le monde, mais deux conceptions qui s’affrontent en permanence et remportent tour à tour des batailles sur l’autre : soit celle d’un monde figé, dont on doit s’accommoder, soit celle d’un monde en mouvement, que l’on peut essayer de transformer.      

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